Même en me creusant la tête, je n’arrive pas à trouver quelqu’un qui n’aime pas la bande dessinée « Astérix ». Ce qui plait à tous dans le monde imaginaire de Goscinny et Uderzo, c’est le concept du petit qui réussit à tenir tête au gros en étant plus rusé et plus vite que lui. Donc quand l’histoire devient réalité, c’est encore plus excitant, car on réalise qu’il est vraiment possible pour David de battre Goliath et ce sans violence, à coup d’audace.
On sait que beaucoup de pays moins favorisé d’Europe vont profiter de fonds destinés à se mettre à l’heure du reste du continent en ce qui concerne les infrastructures. La Pologne est l’un de ces pays, qui devrait profiter, entre 2007 et 2013, de quelques 150 milliards de dollars. Le Canada, pas fou, tente donc de négocier une entente de libre échange avec l’Union Européenne afin de profiter de la manne. Or, au Québec, une petite région nommé Bois-Francs est déjà en relation avec la Pologne depuis un an.
Cette année, la Pologne a envoyé une délégation au Canada. Elle (la Pologne) avait trois villes sur son planning : Toronto, Montréal et… Victoriaville. Vous avez bien lu. Comment une délégation polonaise, avec des milliards en poche, en est elle venu à choisir une petite ville des Bois-Francs pour faire un arrêt ? La réponse : À cause d’un gars convaincant et d’une région qui a osé lui faire confiance. Voici le détail.
Mark Patrick Tame qui a été à l’emploi de la compagnie Foresbec de Drumondville, avait amorcé une relation avec la Pologne, quelque part en 2007. Voyant qu’il y avait là un potentiel incroyable, il se rend, début 2008, à la Corporation de développement économique des Bois-Francs afin de convaincre la table des maires d’embaucher quelqu’un dans les bureaux de l’Agence de Coopération de Basse-Silésie, une région administrative située au sud-ouest de la Pologne. On dit que les maires et les gens d’affaires des Bois-Francs ont hésités (ce qui est un peu normal quand même), mais ils ont plongé et pourrait très bien récolter, car si aucune transaction concrète avec la Pologne n’a encore fait sonner le tiroir caisse d’une entreprise de la région, force est d’admettre qu’ils sont certainement en avance sur le reste du Canada, car ils ont su entamer des discussions. Des exemples ?
Peinture récupérée du Québec envois actuellement des échantillons à l’agente commerciale qui a été embauchée (elle se nomme Katarzyna Nieradka) qui les remet à des acheteurs potentiels. Comme le lien est établi, Louis Coulombe de Peinture récupérée du Québec s’est rendu à un salon de la construction, où son produit a impressionné par son bas prix. Autre exemple ?
Frédéric Lavoie, vice président et directeur de la recherche chez FLD Biomasse, a conçu qui coupe les petits arbustes pour en faire des ballots ronds. Or, c’est parfait pour la Pologne, parce qu’avec cet engin, ils vont pouvoir couper les saules polonais, avec lesquels ils produisent de l’électricité. Actuellement, les polonais chauffent surtout au charbon, mais ils veulent comme tout le monde amorcer le virage vert. Résultant : si le prototype de Frédéric Lavoie avait été au point, quelqu’un était prêt à lui en acheter 3. Croyez vous que FLD Biomasse va connaître une longue récession ?
Donc en raison de sa ruse et de sa rapidité à flairer les bonnes occasions, une région d’irréductibles gaulois est en voie de connaître de grands succès commerciaux. Je vous souhaite bonne chance… et j’ai vraiment hâte que Sherbrooke regarde ce que vous faites qu’eux ne font pas encore