J’adore ces gens qui ne veulent pas voir la réalité en face et qui, en bout de ligne, atteignent le succès grâce à cette inconscience.  Après tout, ne dit on pas que l’avenir appartient aux inconscients?  Rien n’est plus vrai, parce que les inconscients (c’est du moins de cette façon que la majorité des gens les voient) ne se mettent pas de barrières quand ils ont un projet.

Revenons donc à nos deux inconscients.  Alexandre Vincent et Philippe Roy ont respectivement 24 et 25 ans et sont finissant des HEC de Montréal.  Ils décident de démarrer leur propre entreprise… en pleine période de ralentissement économique.  PREMIÈRE PRISE.  Leur entreprise : des machines distributrices de «gommes ballounes» et de jouets.  DEUXIÈME PRISE, car au départ on se dit : «Est-ce qu’il y a quelque chose de moins original que des distributrices de « gommes ballounes»?

Mais eux ont décidé de réinventer le concept.  Il faut être inconscient rare.  Ils ont conçu un meuble où les machines sont encastrées.  Le meuble sert de présentoir avec lequel on peut afficher des choses.  Et comme si ce n’était pas assez, ce meuble là est équipé d’un compteur électronique qui est relié à une centrale qui gère le stock de bonbon et qui lance un avertissement quand la machine a besoin d’être remplie.  Il fallait être assez innocent pour penser à ça.  Alors leur compagnie, qui se nomme Ricochet, empoche l’argent des machines distributrices et donne une ristourne aux commerces où elles se trouvent.  Le client n’a pas un sous à débourser.  Il permet qu’on installe un meuble Ricochet avec des distributrices à «Gommes ballounes» dans leur commerce et il empoche l’argent.  Et il semble que les «gommes ballounes» et les jouets sont si bien présenté que les ventes doublent, triplent et quadruplent, comme ça été le cas aux HEC qui leur avait donné le contrat.

Ceux deux inconscients viennent de signer un important contrat avec Canadian Tire, qui a décidé de changer de fournisseur.  Celui d’avant n’était pas assez fou pour penser qu’il était possible d’innover avec des «machines à gomme balloune».

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.  Lorsque tu signes des contrats à droite et à gauche, il faut en acheter des machines et il faut en faire fabriquer des beaux présentoirs.  Donc ça prend de l’argent et eux ils ont eu besoin assez rapidement de 100 000,00 $.  À 24 et 25 ans, nos deux innocents se sont présentés dans un Centre de financement des entreprises (CFE) Desjardins à Saint-Jérôme et ils en sont ressorti aussi vite.  Trop risqué d’avancer 100 000,00 pour des distributrices à bonbon.

Comme ils sont un peu maso, après avoir signé une entente avec Canadian Tire, ils sont retournés dans un autre CFE Desjardins.  La plupart des gens d’affaires se seraient dit : «Pourquoi retourner chez Desjardins?  L’autre succursale nous a déjà dit non et c’est du pareil au même».  Et bien il semble que ce n’est pas le cas, car cette fois la réponse a été OUI.

En pleine récession, deux inconscients ont démarrés leur entreprise et celle-ci est déjà couronnée de succès, ayant remporté quelques prix.  Pourquoi ces succès?  Parce qu’Alexandre Vincent et Philippe Roy ont osé emprunter des sentiers que peu de gens auraient pris.

Bravo les gars, vous êtes mes personnes inspirantes de la semaine.