On apprenait hier que l’Université Bishop’s de Lennoxville procéderait à des travaux majeurs dans le but de réduire les coûts d’opération reliés à l’énergie. Beaucoup de bonnes nouvelles, mais quand mêmes quelques bémols.
Les bonnes nouvelles :
- La conversion du système de chauffage à la vapeur en un système à l’eau chaude et une nouvelle canalisation mieux appropriée. L’efficacité du système passe de 78% à 95%, ce qui est énorme.
- L’amélioration de l’éclairage et de l’enveloppe du bâtiment. Bravo pour ce dernier point, car comme dirait un spécialiste du chauffage bien connu en Estrie (lire Roger Demers), changer le système de chauffage pour un bâtiment mal isolé équivaut à mettre un manteau de fourrure à quelqu’un qui est pieds nus dans la neige.
- Les panneaux solaires pour chauffer la piscine. Mille fois bravo, d’autant plus qu’on nous dit que cette technologie provient de chez nous (ça sent le Multi-Piscine Fleurimont à plein nez).
- L’impact sur l’environnement, avec une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre, l’équivalent de 1000 voitures de moins sur la route.
- Bravo pour le 541 000 $ d’économie annuel, qui va permettre de renflouer une partie des coffres de l’Université.
Les bémols maintenant:
Deux des trois sources d’énergies du nouveau système de chauffage, soit le gaz naturel et le mazout, ne sont pas des énergies renouvelables. Seule l’électricité l’est. Bien entendu, on nous dit qu’avoir trois sources d’énergie va permettre de choisir la plus économique du moment. Mais pour des bâtiments de cette taille, l’énergie la plus économique C’EST LA GÉOTHERMIE ET ELLE NE FAIT PAS PARTIE DE L’OFFRE, BORDEL !.
Dans l’article de La Tribune d’Alain Goupil, on site le directeur Terrains et Bâtiments de Bishop’s, monsieur Michel Caron, qui dit que les programmes de subvention actuels ne répondent pas aux besoins en ce sens. Encore une fois, nos deux paliers de gouvernement manquent totalement de vision et auraient avantage à aller se promener dans les pays scandinaves afin de suivre un cours d’économie d’énergie 101. La géothermie est un concept vieux comme le monde, qui consiste à prendre la chaleur qui se trouve dans le sol et qui, contrairement au mazout ou au gaz naturel, ne coûte absolument rien. L’Université Bishop’s n’aurait jamais reçu de factures provenant d’une compagnie située à 300 pieds sous terre pour utilisation de la chaleur qui s’y trouve.
Mais lorsque l’on sait que nos gouvernements sont vingt ans en retard, il faut se montrer plus intelligent qu’eux, en posant quelques questions aux soumissionnaires, telles que :
- Combien il en coûterait de plus d’aller tout de suite de l’avant avec la géothermie, plutôt qu’avec le mazout et le gaz naturel dont la fluctuation des prix transforme notre budget en montagne russe ?
- Le retour sur investissement se ferait sur combien d’années ?
- Pouvez-vous financer cette portion à même les économies réalisées ?
Qui sait, peut-être que les réponses à ces questions auraient eu comme résultat la conversion de tous les bâtiments du campus de l’Université Bishop’s à la géothermie, avec des économies annuelle supplémentaires à chaque année pour toute la durée de vie des bâtiments.
Bravo quand même, mais certains gestionnaires vont se mordre les doigts dans quelques années avec la hausse des prix de l’énergie.