Qui dit retour du soleil dit du même coup ménage du printemps. C’est le temps de frotter et il faut que ça sente le propre, donc on ne lésine pas sur les produits et les plus forts sont sûrement les meilleurs. Mais parcourons ensemble le chemin que feront tous ces produits ménager. Je tiens à préciser que ce qui est vrai pour votre super décapant à plancher l’est également pour la plupart des shampoings et de l’ensemble des produits ménagers.

Donc vous lavez vos murs, votre plancher et j’en passe. En vidant votre chaudière d’eau sale dans l’évier de la cuisine, vous vous dites que ce nettoyage n’était pas un luxe finalement. L’eau savonneuse prend le chemin des égouts. Mais cette eau contient du savon, qui lui renferme des composés d’ammonium quaternaire, qui ont pour fonction d’éliminer les bactéries et de faire de notre maison un environnement santé. C’est fort comme produit, mais il y a des bactéries qui résistent à ça. Et lorsque seules ces bactéries demeurent, elles se multiplient dans l’eau à un rythme affolant. C’est cette eau qui se rend entre autre dans nos champs, où elle sert à arroser les récoltes et le fruit de ces récoltes atterrit dans nos assiettes. Ouf ! Que de détours pour finir dans notre bouche et ensuite dans notre organisme.

On absorbe donc, sans s’en rendre compte, des bactéries qui résistent aux antibiotiques. Finalement, lorsque la maladie nous afflige et que les médicaments ne font pas effet, on ne guérit pas et on met ça sur le compte du fait que nous prenons tellement d’antibiotiques qu’ils ne font plus effet ou que nos hôpitaux manquent d’hygiène. Finalement, c’est tout le contraire, car plus on utilise des produits contenant des CAQ (composés d’ammonium quaternaire) qui tuent les bactéries, plus on favorise le développement de micro-organisme qui résistent aux antibiotiques qui pourraient nous guérir.

Cette constatation fait partie d’une étude de deux universités d’Angleterre (Birmingham et Warwick). L’équipe de chercheurs de ces universités ont entre autre procédé à l’étude des sols qui reçoivent des eaux d’épuration et d’épandage de fumier de porc et on y a trouvé une grande concentration de gènes résistant aux antibiotiques.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble qu’il serait temps de retourner au principe de l’eau et du vinaigre. En plus de ne pas envoyer n’importe quelle cochonnerie dans le sol, cela contribuerait à libérer pas mal d’espace sous l’évier. Farce à part, je sais que nous voulons tous bien faire en utilisant des produits éliminant un maximum de bactérie, mais cela ne nous aide pas beaucoup à développer des anticorps. Lors de votre ménage du printemps, lorsque vous verserez du nettoyant dans une chaudière d’eau, gardez-vous en un peu, histoire de vous verser un petit shooter une fois la corvée terminée. Ça aura au moins le mérite de se rendre dans votre corps sans faire de détours.

Bon week-end !

p.s. : pour plus de détails sur cette chronique, je vous invite à consulter un excellent papier de Éric Moreault du journal Le Soleil, dans l’édition du 1e avril.